En 2023 et 2024, le Guide pour l’EVRAS, co-construit par la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF) et Organization for Youth Education and Sexuality (O’YES), a été la cible de nombreuses critiques provenant notamment de certaines professionnelles de la santé mentale qui pointaient du doigt l’absence de pédopsychiatres dans le processus de création du guide.
Prenant au sérieux ces critiques, la FLCPF et O’YES se sont tournées vers la Ligue Bruxelloise pour la Santé Mentale (LBSM) qui venait d’organiser un colloque sur les questions de genre et de sexualité et de mettre en place un groupe de travail clinique permanent sur ces questions, ce qui a motivé le recours à son expertise.
La LBSM a dès lors constitué un groupe de travail composé de professionnelles issues de ses services membres, chargé de mener une relecture approfondie du guide. Pendant près d’un an et demi (de décembre 2024 à mai 2026), ce groupe a réalisé une analyse systématique portant tant sur la forme (choix lexicaux, structure, accessibilité) que sur le fond (adéquation aux vécus des enfants et adolescentes, pertinence selon les tranches d’âge), en adoptant une approche critique centrée sur les enjeux de santé mentale.
Durant ces 18 mois, plus de 200 modifications ont été suggérées pour préciser certains concepts, mieux adapter les contenus aux âges, revoir certaines articulations, bref, pour améliorer le document dont la version initiale a été jugée déjà de très bonne facture.
Le présent avis, rédigé sur base des contributions de ce groupe de travail, vise à proposer une analyse argumentée et plus globale du Guide pour l’EVRAS, en soulignant les apports mais également les limites du point de vue de la santé mentale des enfants et des adolescentes. Il s’adresse aux professionnelles de terrain, aux acteurrices institutionnelles ainsi qu’aux décideureuses impliquées dans les politiques éducatives et de santé.
Au-delà de l’analyse du guide lui-même, cet avis s’inscrit dans un contexte sociétal préoccupant, marqué par une polarisation croissante des discours, une montée de certains courants masculinistes chez les jeunes, ainsi que par la persistance de tabous autour des questions de sexualité. Ces dynamiques alimentent des formes de panique morale qui méritent d’être objectivées et déconstruites. Dans le même temps, les services d’aide à la jeunesse et de santé mentale font face à une saturation croissante, peinant parfois à répondre à l’ensemble des situations.
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